Qu’est-ce que la citoyenneté ?

Qu’est-ce que la citoyenneté ?

Outre un statut juridique et des rôles sociaux, la citoyenneté se définit aussi par des valeurs. On peut en évoquer au moins trois, traditionnellement attachées à la citoyenneté : la civilité, le civisme et la solidarité.

La citoyenneté, d’hier à aujourd’hui

La citoyenneté trouve sa source dans l’Antiquité. Si le mot "citoyen" vient du latin civis, la notion de citoyenneté s’est vue précisée en Grèce antique dans le contexte des Cités-États qui, comme Athènes ou Sparte, deviennent autonomes au Ve siècle avant Jésus-Christ.
Périclès, homme d’État, stratège et orateur athénien, présente le régime démocratique d’Athènes comme le cadre naturel de la citoyenneté épanouie du fait qu’il combine l’égalité des droits au mérite individuel, provoquant l’émulation entre les membres de la Cité en matière de civisme. La citoyenneté et ses obligations politiques y reçoivent littéralement un traitement moral : la citoyenneté active apparaît comme une vertu et son abandon comme un vice.

La notion de citoyenneté connaît ensuite une éclipse à l’ère des monarchies. Sociétés de privilèges, elles écartent toute participation de leurs sujets à la décision politique. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières se penchent tout de même sur la notion de citoyenneté. Rousseau a d’ailleurs écrit "Le citoyen est un être éminemment politique qui exprime non pas son intérêt individuel mais l’intérêt général. Cet intérêt général ne se résume pas à la somme des volontés particulières mais la dépasse."

C’est la période révolutionnaire qui installe en France la notion de citoyen. La République française porte les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

La citoyenneté se construit principalement sur le triptyque civilité, civisme et solidarité.

La civilité induit une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public. C’est une reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société.

Le civisme consiste à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société et ainsi agir pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.

La solidarité reconnaît que les citoyens composent un ensemble d’hommes et de femmes attachés à un projet commun et correspond à une attitude d’ouverture et d’assistance aux autres.

Ces trois valeurs donnent un sens à la citoyenneté qui dépasse significativement l’exercice du droit de vote.

La notion de citoyen actif


Le citoyen actif témoigne d’une attitude positive dans la vie quotidienne et dépasse ses intérêts individuels pour favoriser l’intérêt collectif. Il est usager et acteur de son territoire et participe au bien-être de la société. L’éducation à la citoyenneté, est un véritable enjeu !

Pour preuve, quelques statistiques édifiantes ?

  • Pour 80% des français être citoyen c’est d’abord respecter la loi,
  • Pour 50% c’est défendre le droit à l’éducation pour tous,
  • Pour 40% c’est participer à la vie politique,
  • Pour 30% c’est lutter contre les discriminations,
  • Pour 20% c’est être solidaire avec les plus démunis,
  • Pour 20% c’est participer à la vie associative.

On constate que, pour les Français, la citoyenneté est majoritairement plutôt du côté du respect de la loi et des règles que de l’engagement dans la vie de la Cité pour éventuellement les changer. Il faut revisiter l’apprentissage de la citoyenneté et passer de la théorie à la pratique.

La citoyenneté galvaudée ! La citoyenneté en crise !


Chaque semaine apporte son lot de témoignages sociétaux qui incarnent le désintérêt pour la vie politique : l’abstention aux élections, la défiance à l’égard des élus, la baisse du bénévolat régulier, la hausse des incivilités, la baisse de l’engagement local politique, le renforcement des clivages sociaux, le repli sur soi, la radicalisation, la ghettoïsation, la méfiance, le communautarisme, l’égoïsme…

La citoyenneté perd de son essence et surtout de sa splendeur. On assiste en direct à une désinstitutionnalisation de la citoyenneté. Cependant, les événements de 2016 ont créé des sursauts citoyens un peu partout et sous des formes différentes. Cela prouve que l’espoir existe et que la compassion et l’entraide sont des valeurs humaines intactes.